« Nous sommes tous des pions » : les travailleurs de l’automobile sur le qui-vive
La fin du quart de travail sonne à l’usine de Stellantis à Windsor. Des dizaines de travailleurs rentrent chez eux pour se reposer. Brady Marchand a le cœur lourd. Même si son employeur n’a encore rien annoncé à ce sujet, M. Marchand, qui travaille à l’usine depuis trois ans, craint que la mesure n’engendre des suppressions d'emplois, comme s'y attendent des experts. Les gens ont des factures à payer. La possibilité de mises à pied, ce n’est pas bien. Robert Woelk travaille à l'usine de Stellantis à Windsor. Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga Pourtant, les chefs des principaux partis politiques fédéraux, en campagne électorale, promettent de soutenir les travailleurs du secteur de l'automobile. Le chef libéral Mark Carney ainsi que le chef néo-démocrate Jagmeet Singh se sont même arrêtés à Windsor la semaine dernière. Les travailleurs demeurent quelque peu sceptiques, comme Daniel Ricard, qui travaille à l’usine de Stellantis depuis neuf ans. Ah, je crois que les politiciens, c’est toujours pareil, hein (rires). Chacun dit des choses plus ou moins positives par rapport aux autres gens. Frank Mailloux, qui travaille à l'usine depuis 10 ans, dit n'avoir encore La promesse d'éliminer la période d'attente d'une semaine pour obtenir l'assurance-emploi Pourquoi ne trouve-t-on pas une solution plutôt que de nous donner des ressources pour collecter de l'argent du gouvernement? Je n'aime pas cette idée-là. Daniel Ricard, lui, dit espérer une riposte musclée des gouvernements, à la fois fédéral et ontarien. Daniel Ricard travaille à l'usine de Stellantis à Windsor depuis neuf ans. Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga Nous allons devoir riposter. On ne peut pas laisser un intimidateur s’en sortir. Cela va probablement provoquer une escalade, mais on ne peut pas se contenter de le laisser faire ce qu’il veut. La semaine dernière, le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, qui s’attend à des exemptions pour certains véhicules fabriqués au Canada, a tout de même pressé Ottawa d’adopter des mesures de représailles. Le gouvernement canadien prépare d'ailleurs une riposte aux tarifs additionnels qui doivent entrer en vigueur cette semaine, a affirmé le premier ministre Mark Carney. Manny Cardoso est le secrétaire-trésorier de la section locale 444 du syndicat Unifor qui représente les travailleurs de l'usine de Stellantis à Windsor. Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga Pour le représentant syndical des plus de 4000 travailleurs de l’usine de Stellantis, Manny Cardoso, les partis politiques fédéraux en campagne doivent s’engager à exiger des constructeurs automobiles de Il s’agirait pour le gouvernement canadien, souligne-t-il, de Nous recherchons un appui pour nos travailleurs. Nous cherchons le parti qui nous défendra vigoureusement dans ce combat. Abonnez-vous à l’infolettre Ontario. Après une semaine de campagne électorale, le conseiller municipal de la Ville de Windsor Kieran McKenzie dit Kieran McKenzie est conseiller municipal à la Ville de Windsor. Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga Toutefois, il On dit qu’un emploi [à l’usine de Stellantis] a un impact sur neuf autres emplois dans notre communauté. [...] Donc s’il y a 1000, 2000 travailleurs qui sont touchés directement, fais la multiplication, ça peut être désastreux. Frank Mailloux travaille à l'usine de Stellantis à Windsor depuis une dizaine d'années. Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga Le travailleur Frank Mailloux dit espérer que le conflit commercial avec les États-Unis mobilisera les citoyens. Selon l’Association canadienne des constructeurs de véhicules, l’industrie canadienne de l’automobile, hautement intégrée à celles des États-Unis et du Mexique, représente 130 000 emplois directs dont 100 000 en Ontario. Je suis un peu inquiet, pour être honnête
, affirme-t-il, en raison des tarifs douaniers de 25 % que compte imposer l’administration américaine dès le 2 avril sur les véhicules fabriqués à l'extérieur des États-Unis.
La classe moyenne est toujours perdante. [...] Nous sommes tous des pions
, ajoute Robert Woelk, qui travaille à l’usine presque centenaire depuis une trentaine d’années. Je suis horrifié
, dit pour sa part Wayne Goulard qui a la même ancienneté de service. D’un coup de stylo, tout pourrait disparaître. Et personne ne s’en soucie. Nous nous en soucions effectivement, mais les politiciens ne s’en soucient pas
, déclare-t-il. Régler le problème plutôt que de le cacher
, réclament les travailleursrien entendu de bénéfique
de la part des partis en campagne électorale. est bonne, mais cache le problème plutôt que de le régler
, affirme-t-il.À mon avis, il faut qu'ils renvoient la balle de l’autre côté, qu’ils disent "OK, on est forts, on a quand même de l’électricité, on a des pouvoirs, on peut contrer ce que M. Trump nous fait à nous"
, note-t-il.

produire [leurs véhicules] au Canada s’ils veulent [les] vendre au Canada
. protéger les investissements déjà consentis dans les usines de batteries pour véhicules électriques, dans les usines d’assemblage ici
au pays. Infolettre Ontario
La Ville de Windsor réclame
davantage d’engagements
reconnaître qu’il y a un enjeu central
sur l’impact de la guerre tarifaire sur le Canada. C’est toujours dans les détails qu’on trouve ce qui va être la meilleure [voie à suivre]
, indique-t-il.
veut davantage d’engagements
dans ce dossier qui [le] préoccupe
étant donné les répercussions qu’aurait l’affaiblissement de l’industrie automobile sur l’économie de la région de Windsor. 
Cette élection sera très importante. Surtout pour nous, dans le Sud-Ouest de l’Ontario, il y a beaucoup à perdre, donc j’espère que les gens se renseigneront sur les campagnes et iront voter
, conclut-il.
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